COCKTAILS : L’INNOVATION DERRIÈRE LE BAR
brevets & petites histoires d’objets cultes – Episode 2
Une idée innovante, une histoire, et souvent… un brevet.
Plongeons dans les coulisses d’objets cultes : leur origine, leur évolution et les secrets de leur protection.
Cocktails : l’innovation derrière le bar
Un shaker, quelques glaçons,… Rien de très technologique, a priori. Et pourtant, derrière un cocktail se cache pas mal d’Histoire et une étonnante petite collection d’inventions.
Bartenders : L’art de “shaker”… et d’inventer
À l’origine, c’est-à-dire au début du 19ème siècle, pour mélanger, les bartenders versaient simplement le liquide d’un verre à l’autre.
Puis, les plus ingénieux ont commencé à innover.
Dans les années 1870-80, plusieurs brevets américains proposent un ustensile pour mélanger plus efficacement une boisson: le shaker. Par exemple, en 1883, E. Hauck fait breveter un shaker en trois parties avec filtre intégré, ancêtre du Cobbler shaker que nous utilisons encore aujourd’hui.
Mais les inventeurs ne se sont pas arrêtés au shaker.
En 1892, W. Wright obtient un brevet pour un filtre muni d’un ressort métallique amovible, qui sera exploité par le propriétaire du Hawthorne Café de Boston : le Hawthorne strainer était né. Plus de 130 ans plus tard, son illustre descendant est toujours posé sur tous les comptoirs de bar du monde.
Même le jigger, ce petit doseur, indispensable pour éviter le fameux « à peu près», a fait l’objet de protections. On trouve notamment dès 1893 un design américain représentant cette forme familière de deux petits cônes réunis par leur pointe pour doser des liquides.
Et l’innovation ne s’est pas arrêtée avec le 19ème siècle: de nouveaux brevets ont continué à perfectionner les outils de bar. Même aujourd’hui, la forme du shaker et ses accessoires continuent de faire l’objet de nouveaux dépôts.
Et le cocktail lui-même ?
C’est là que les choses se corsent : breveter un ustensile de bar est une chose, revendiquer la propriété d’un mélange de gin, citron et sirop en est une autre.
Comme en cuisine, le droit d’auteur protège difficilement une recette de cocktail: une liste d’ingrédients, des proportions et quelques instructions ne suffisent généralement pas. En revanche, la manière originale de la présenter, les textes, photos ou illustrations peuvent être protégés.
Pour preserver et exploiter un “cocktail signature”, il faut donc souvent jouer sur d’autres leviers: le secret, un dépôt de marque, le savoir-faire, la réputation du bar… et l’expérience proposée au client.
Dans un cocktail, ce qui se protège n’est donc pas toujours ce qui se boit
Les ustensiles de bartenders – shakers, strainers, jiggers, … – ont pu faire l’objet de nombreux brevets. Les recettes, quant à elle, sont beaucoup plus difficiles à monopoliser et ce sont alors d’autres éléments — le nom, l’image, le savoir-faire ou l’expérience proposée — qui prennent le relais.
Cheers! 🍸
Image: Extraits des brevets US300867 et US484276